Comme un altruisme inné me pousse toujours à partager le fruit de mes expériences, voilà 13 méthodes théoriquement infaillibles pour capturer un lion sauvage dans le Sahara.
Je sais que la plupart d’entre vous n’y va pas tous les week-ends, ce qui est un tort, c’est très bon pour faire le point et évacuer le stress de la semaine. M’enfin voilà au cas où :
1 - LA MÉTHODE DE LA GÉOMÉTRIE INVERSIVE :
Plaçons une cage sphérique(j’en ai vu à 42 euros en laiton armé au sous-sol du BHV, vous pourrez pas dire que vous savez pas) dans la brousse et entrons à l'intérieur. Prenons la fonction inverse du problème par rapport à la cage. Le lion se trouvera alors à l'intérieur de la cage et nous à l'extérieur.
2 - LA MÉTHODE THÉORIQUE RÉSOLUE :
Nous remarquons que la brousse est un espace géométrique séparable. Il contient donc un ensemble dense dénombrable de points à partir desquels on peut extraire une suite admettant le lion comme limite. Nous approchons ainsi furtivement le lion qui ne peut s'enfuir. Trop facile.
3 - LA MÉTHODE DE HEIGHTS :
Si on a un peu lu des trucs dans sa life, qu’on connaît l’histoire d’Antinoüs and the wailers, et qu’on fait la réunion annuelle de ses neurones deux minutes, nous constatons que les lions sauvages n'existent pas dans le Sahara. Par conséquent s'il y a des lions dans le Sahara, ils sont apprivoisés, donc pas sauvages et grave pas rock’n roll. Donc la capture d'un lion apprivoisé est un exercice "on ne peut plus simple" pour qui a déjà bu du sang et teint ses cheveux en violet.
4 - LA MÉTHODE THERMODYNAMIQUE :
Nous construisons une membrane en Ouille de mammouth(j’en ai vu à 254 euros chez « pet-house nos amis disparus ») perméable à tout excepté aux lions. Balayons ensuite le Sahara avec.
5 - LA MÉTHODE TOPOLOGIQUE :
Nous constatons que le lion a moins la connectivité d'un tore(Ben ouais Woulf, fallait pas sécher les cours !). Si on transpose le désert à un espace à quatre dimensions, on peut alors définir une transposition inverse de façon à ce que le lion se trouve sur un nœud. Le lion est alors impuissant.
6 - LA MÉTHODE DE SCHRÖDINGER :
A tout instant le lion a une certaine probabilité de se trouver dans la cage. Roulons un oinj’, asseyons nous devant et attendons.
7 - LA MÉTHODE D'HEISENBERG :
On perturbe le lion en le narguant et en l'observant. Il suffit ensuite de le capturer les yeux fermés.
8 - LA MÉTHODE D'EINSTEIN :
Courons dans la direction opposée à celle du lion. Sa vitesse relative augmentant, sa masse fera de même. Il se sentira alors comme un pauv' poulpe et finira par s'endormir profondément.
9 - LA MÉTHODE NEWTONIENNE :
Laissons le lion nous sauter dessus sans broncher. D'après la loi de l'action/réaction, nous pouvons considérer que nous avons capturé le lion.
10 - LA MÉTHODE DE LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS :
Faisons remonter le Sahara de quelques années en arrière. Le lion ne sera alors qu'un minuscule lionceau, et là un bon coup de gourdin pour bébé phoque dans sa face de sous-mini-fauve et il fera moins le malin. Non mais !!!!!!
11 - LA MÉTHODE INTÉGRO- DIFFÉRENTIELLE :
Intégrons le Sahara sur toute sa surface. Le lion sera quelque part dans le résultat. Différencions alors par rapport à la rotation de la terre (le Sahara est globalement invariant). Le résultat sera zéro, il n'y a plus de lion. (ben ouais tu peux relire, je sais bien que t’as pas fait math spé !)
12 - LA MÉTHODE GOTLIB :
Faisons bouffer au lion des scouts millésime Benoît 16 jusqu'à ce qu'il tourne de l’œil... (fonctionne aussi avec des coccinelles)
13 - LA MÉTHODE DE SHAKESPEARE :
Tenons le lion tranquille un moment (au besoin utiliser une des méthodes précédentes) et lisons lui Hamlet. Rapidement, le lion passera de l'être au non-être, ou au néant selon Sartre.
Pas plus.
Hier au téléphone :
Dreuliiiing dreuliiiinnng dreuliiiiiiiing….(Je sais, j’ai une sonnerie hyper borderline)
- Allo oui ?
- Oui, je souhaiterais parler à monsieur Nad Nadmini
- Oui c’est moi.
- Bonjour monsieur, auriez vous quelques minutes pour répondre à une enquête sur la Télévision.
- Arfff ça tombe mal, j’ai pas la télé. (je dis ce que je veux !)
- Ça n’est pas grave, l’enquête sera plus courte.
- Je vous écoute.
- Exercez-vous une profession.
- Oui.
- Alors dans qu’elle catégorie professionnelle vous situez-vous : Cadre, artisan, agriculteur, fonctionnaire, commercial, profession libérale, salarié.
- Ha désolé dans aucune.
- Très bien alors je vais reformuler ma question : Etes-vous cadre, chef d’entreprise, agriculteur, fonctionnaire, professeur, policier, gendarme, employé de bureau, employé de mairie, profession libérale, médecin, artisan, commercial, vendeur, représentant de commerce, employé de maison, salarié.
- Merci, c’est gentil de faire Antiope, mais je ne rentre dans aucunes catégories.
- Que faîtes vous comme profession monsieur si ça n’est pas indiscret ?
- Je suis keumédien. Je sais c’est honteux, je me soigne et fais souvent acte de contrition même sans coucher.
- Et dans qu’elle catégorie vous retrouvez-vous le plus.
- ….Dans aucune m'sieur. Il n’y a pas de case « artistique », vous savez comme un coin d'asile, « artiste » au sens pathologique du terme, vous voyez, pas comme une fin en soi mais comme une manière de transcender cette réalité post-merdoyante, de s’échapper, de dire « pouces ».
- Et salarié ça ne vous convient pas ?
- Ben non m'sieur. Salarié c’est quelqu’un qui reçoit un salaire déterminé tous les mois et qui n’a pas à s’inquiéter à l’avance pour savoir comment il va bouffer dans trois mois. On me paie en cachets, c'est dire la gravité de ma pathologie. Si encore vous aviez une case intermittent - beurk sale vomis - je m’y serais collé sans trop rechigner. N'avez qu’à marquer « intermittent du spectacle » dans un coin.
- Je peux pas monsieur, y a pas la case, faut choisir dans les catégories citées.
- Bah z'avez qu'à mettre ce que vous voulez alors.
- Je peux pas monsieur, c'est à vous de décider. Profession libérale ?
- Quèquequoi profession libérale ??! Je veux bien qu'on me foute une camisole mais c'est moi qui choisis mon H.P.
- Vous êtes malade ?
-......??? Ecoutez, choisissez à ma place.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- C’est le protocole, et le protocole il faut que ce soit vous qui décidiez, pas le droit de choisir à votre place.
( je pense à la twilight zone, à Brazil, à l’euthanasie, je reconsidère l’eugénisme…
- Alors peux rien pour vous. Pas que j’ai décidé d’être le « gros con » de votre journée, votre boulot est difficile, vous faîtes ça pour bouffer, vos coups de fils sont sûrement enregistrés par votre boite de com’ et que vous êtes surveillé par votre chef d’équipe....
- très bien monsieur, je pense que cette enquête va se terminer là…
- Désolé, franchement ça n’est vraiment pas contre vous, vous obéissez aux ordres, ce que vous faîtes c’est pas facile, vous aimeriez bien faire autre chose, je vous souhaite vraiment de trouver bientôt un métier qui vous...
- Très bien monsieur, merci, bonne soirée à vous.
- A vous aussi et bon courage pour….
Tut ….tut….tut…tut….
- … pour....la suite.
Si je sr’ais président, je s’rais Dictateur.
Chaque année, 2,2 millions de personnes meurent d’accidents ou de maladies liés au travail, estime le Bureau international du travail (Bit) dans son rapport annuel, intitulé « Travail décent - Sécurité au travail », paru ce lundi. Un chiffre en progression de 10 % par rapport à l’enquête précédente, en 2002, et très sous-estimé, car il n’existe pas de suivi efficace dans la plupart des pays, indique l’organisation.
Le rapport du Bit, publié à l’occasion de l’ouverture de son congrès, à Orlando (aux Etats-Unis), montre que, si le nombre de victimes a reculé dans les pays développés, le « développement rapide et la forte pression engendrée par la mondialisation en matière de concurrence » ont nettement aggravé la situation dans les pays en voie de développement, précisément là où les chiffres réels sont les plus difficiles à obtenir. L’Inde annonce ainsi officiellement 222 accidents mortels du travail par an, alors que le nombre réel dépasse les 40 000, selon les estimations du Bit. Un chiffre encore probablement en dessous de la réalité quand on sait que la seule Europe des 15 recense 120 000 accidents professionnels mortels par an, et les Etat-Unis plus de 100 000.
Si les données concernant les accidents sont parfois difficiles à trouver, la difficulté est plus grande encore pour le décompte des maladies professionnelles. Dans nombre de pays, il n’existe même pas de chiffres sur ce sujet. Or les travailleurs mourant de maladies professionnelles sont bien plus nombreux que ceux décédant d’un accident. Le rapport ne fait ainsi état que de 440 000 travailleurs décédés à cause de substances dangereuses utilisées au travail (dont 100 000 uniquement pour l’amiante). Or, rien qu’en Grande-Bretagne, l’amiante seul tue 3 500 personnes par an, soit 10 fois plus que les accidents du travail.
Le rapport relève aussi que « les cancers causés par des substances dangereuses prennent de plus en plus d’importance, principalement dans les pays en développement. La majorité de la population active manque de mesures préventives dans le domaine de la sécurité et de la santé, de compensation en cas d’accident ou de maladie, et n’a pas accès aux services de santé sur le lieu de travail ».
Viva.presse le 19/09/05
Le communiqué du Bit :
http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/pr/2005/36.htm
Le rapport complet (50 pages, en anglais) : http://www.ilo.org/public/english/protection/safework/wdcongrs17/intrep.pdf
A voir comment l’on se presse dehors à être comme l’autre, à copier ses apparences, ses regards, ses sourires, ses envies, ses achats, ses loisirs, ses destinations, à voir comment l’on chasse la différence, sa différence, il y a de quoi, pour qui ne sait pas marcher dans le même sens, se trouver de temps en temps un peu perdu sur la place du monde…
J.G. Nordmann qu'est-ce que tu disais déjà ? :
« Je ne suis pas parti.
Tout était prêt
J’étais prêt à partir
Tout le monde autour de moi était prévenu que je partais
J’avais fait mes adieux à ceux que je ne vois pas souvent
J’avais fait une valise et acheté un billet
J’avais une trousse de toilette et tous les médicaments nécessaires
Et je ne suis pas parti.
Aucun obstacle rien
Pas une question d’argent, ni d’amour, ni de travail
Rien
Seulement moi qui ai eu peur
Peur de quoi ?
De partir.
Peur au dernier moment de partir.
Mon billet pas remboursé, les dépenses inutiles, comme le bermuda, la crème solaire, les pellicules photos, ça n’a pas pesé dans la balance.
Tout le monde voudrait partir pendant trois semaines, loin, là où il fait beau, en avion, tout le monde voudrait et ne peut pas, moi je peux et n’y suis pas arrivé.
Un blocage. Au dernier moment. Dans l’aéroport. Au milieu de la foule, avant l’enregistrement.
L’enregistrement….C’est curieux comme mot quand on y pense.
Les annonces par les haut-parleurs, les panneaux lumineux, les familles qui poussent des chariots, les enfants qui courent, les couples avec des lunettes de soleil, le MONDE, le monde moderne, tout d’un coup j’ai eu l’impression que ce n’était pas pour moi. Que je n’en faisais pas partie. Que je n’en avais jamais fait partie, que je n’en ferai jamais partie. Que ça devait se voir que je m’étais glissée parmi eux sans permission, sans y avoir droit, que je faisais semblant de savoir ce qu’il fallait faire mais que je trichais.
Je ne savais pas porter ma valise comme eux. Je ne savais pas avoir l’air occupée, je ne savais pas comment traîner d’un bout à l’autre du hall en attendant.
J’étais planté au milieu et je n’arrivais plus à bouger.
Une femme m’a demandé en anglais si elle pouvait m’aider. J’ai répondu que ça allait très bien, que j’attendais quelqu’un…
J’ai compris que j’allais devoir aller d’un mensonge à l’autre pendant trois semaines, vingt trois jours exactement, qu’il faudrait toujours avoir l’air intéressé, et se réjouir des occasions…
J’ai compris que j’allais devoir toujours me surveiller, me pousser au cul, prendre des photos devant les monuments, parler à table, danser quand il y aurait de la musique, raconter ma vie, mon travail, je ne sais pas…
Que je ne pourrai pas rester comme je suis, flottant…
ALORS A QUOI CA SERT DE PARTIR ?
C’est dur de prendre une décision comme ça, une décision qu’on a l’impression de prendre contre soi même, contre la logique.
Tout le soi disant bon sens.
L’idée que se font les autres du bonheur ce n’est pas forcément la tienne, ce n’est même jamais tout à fait la tienne. Mais quand c’est aussi éloigné. Je veux dire ne pas vouloir partir là où il y a du soleil et ou tu seras en vacances avec un billet d’avion en poche…aussi éloigné de la logique du bonheur des autres ! Alors on se pose des questions.
Peut être je vais mal.
Debout dans l’aéroport avec mon chariot, au milieu de la foule qui passait dans les deux sens, je sentais bien que je les gênais.
Peut être que je vais mal.
Ca ne m’a pas empêché de réfléchir à ma liberté.La liberté contre la logique. De changer d’avis au dernier moment.
Ou alors je vais mal. Et ce n’est pas seulement un voyage, mais tout le reste, que je n’arrive pas à faire comme les autres. Depuis le début de ma vie d’adulte. Et on ne me l’a jamais fait remarquer. Et je ne l’ai moi-même jamais remarqué, mais maintenant je ne peux plus me voiler la face.
Ce faux départ aura dévoilé le pot aux roses… Tout, tout va me paraître comme l’aéroport vendredi, lointain, pas pour moi, agité et moi immobile… »
J.G. Nordmann
- M’enfin quand même la nature humaine de ce directeur de casting au fond c’est quand même pas très joli à voir. Voire même pas beau du tout. Voire même pas besoin de l’index au fond de la gorge pour rendre cette pizza surgelée aux 15 fromages. Cette pizzeria c’est fini !
- Comment est-ce que tu peux dire une chose pareille ?
- Ben en respirant un grand coup, en ouvrant la bouche et en jouant sur mes cordes vocales.
- Non, je voulais dire ta vision de ce type.
- ... ?
- Ok il en tient une couche, mais au fond il doit pas être aussi con qu’il en a l’air.
- Ha
ouais, mais toi tu parles de l’avant dernière couche, celle qu’on a l’impression qu' y a plus rien en dessous.
- Mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?
- Ben on pourrait l’ignorer, hé !
- Ha ouais tiens, ça lui f’rait les basques……. Enfin en même temps il s’en fout un peu de not’ gueule.
- Ouais c’est vrai. Et puis c'est un incontournable pour les plans cinoches.
- Mais ça t’intéresse toi le cinoche ?
- Non, sauf si Jarmush.
.....................
- Bon la pause c’est fini non ?
- Ouais, allez on y retourne.
- Tu lis quoi en ce moment ?
- Rien.
- Moi non plus. Et t’as le temps d’aller au ciné ?
- Non.
- Moi non plus. Et au théâtre ?
- Non plus.
- Moi pareil.
- Je lis pas les journaux.
- Et moi, quand tu veux que je les lise ?
- Je vois même pas les infos.
- Pas le temps non plus.
- Ben de toutes façons j’ai rien vu à la télé depuis ce taf. Même pas le temps de voir mes amis.
- Moi, ils commencent à me faire la tronche.
- Ouais pas le temps pour rien en gros.
- Ben ouais.
- C’est p'têtre pour ça qu’on s’dit des trucs aussi cons.
- Ouais, ça fout les boules.
- En tous cas cette pizzeria c’est fini.
- Fini.
c'qu'ils m'disent