Aujourd’hui le feu sera serein, aujourd’hui la mort sera joyeuse, « Ici », où une histoire que je n’envisageais pas si longue. Enthousiasme nourri et trompé parfois par les affects...haaarrr les affects... cracher du brouillon de brouillon, trouvé un compromis entre narcisse public et publicité silencieuse.(Ô phrases naturelles...)
J’aurais pu faire de cet endroit un sanctuaire à mon « meua keumédien », cloué de photos, de curriculum vitae, autant d’hymnes à l’ « aimez-moi, prenez-moi, faîtes de moi votre chose, je suis tout à vous, tout à ceux qui voudrons bien me prendre et faire de moi quelque chose », mais Ici fut suffisamment moi-bloi-bla, Ici se termine aujourd’hui ....
Neuoooon ! Point de larmes ! Je veux cette cérémonie modeste.
Les raisons pour lesquelles je suis venu ici, vous le savez sûrement mieux que moi et serez bien sympas de les garder pour vous, je sais que tout est sexuel. Dès le début il fallait en finir, en sortir, que sortir serait une bonne nouvelle. Ici étaient les derniers sursauts des jérémiades de mon adolescent.
22 mois de grossesse d’éléphant. De quoi ai-je accouché ? De pas grand chose pour vous servir.
« Ici » est mort par son début et sa fin, mais Ici « est » par son début et sa fin. (hé ouais, ç' les études tout ça...)
Ici restera attentif...
22 mois n’est pas une grossesse prématurée, ni même nerveuse, c’est même du nourrisson bien gras, il était tant. Ici maigrira donc peut-être, mais Ici ne surenchérira pas.
Memento mori, pour en finir avec l’immortalité et choisir humblement l'éternité. Devenir mon propre chirurgien. Faisons un feu. Ici je me suis servi en vase clos pour y sentir venir l’air vicié qui m’expulserait par force au réel, expulsé au réel d’un moi qui devient autre et devient autre....
Ici je me suis souvent répété. Ici je n’ai rien dit dans le fond qui n’ait été dit déjà. Ici je n’ai peut-être dit qu’une seule chose, une seule chose qui ne concerne que moi, ici j’ai dit en moins de 100 ce que j’aurais pu dire en 1. Je ne suis pas la voie royale du blog, ce Prince des blogs où ne brillerait qu’un seul post, le post unique, Le Graal du post, Le post après lequel rien ne pourrait être dit. (là j'ai bien évidement pensé à la Cinquième de Beethov' dernier mouvement, dernières mesures, au moment du : Tam - Tam - Tam Tamtamtam Tam Tam TAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam ! Celle de Karajan... ou Kleiber, j'hésite encore. Ha, on me souffle Furtwängler... )
Ici j’ai taillé mes crayons autour de l’indécente petite histoire personnelle quand elle n’embrasserait rien de l’univers.
Memento mori, pour qui se veut immortel ?! Mais à l’infini, c’est la naissance toujours nouvelle, la médaille de l’invisible. Aujourd’hui faisons un feu, la poussière m'a répondu.
Il y a cet oiseau qui n’a pas peur des flammes et s’il a été « un », il pourra l’être encore, Le Fidèle, La Promesse faîte à soi. Alors que les cendres restent chaudes.
Schuss les gens ! J’ai bien aimé être là.
Debout au milieu d'une place, inerte, les mouvements de la foule tout autour qui a l'air de savoir où elle va, volontaire, sûre d'elle, comme si le temps des questions était passé et qu'il n'y en aurait plus, leur course autour de moi comme les bolides sur les boulevards, mes yeux embués, mon ventre en creux, mes pieds collés au goudron, mes bras flottants, mon envie de leur demander où ils vont comme ça, si la destination est paisible, et si oui, de me montrer tout ça. Ils déploient leur carte, me disent qu'ils vont à peu près là, et qu'une fois là, on leur dira où aller, qui voir, quoi faire, ils ont coché tout ces endroits, ils y ont planté des drapeaux, en planteront d'autres, leurs noms y sont déjà inscrits, ils ont dessinés leurs visages à l'avance sur les itinéraires, et moi je suis là comme un con, je n'ai pas fait de réservation, ils me demandent où je vais, je prends la carte et la retourne dans tous les sens, cherchant où j'ai bien pu planter mon drapeau, à l'affût d'une esquisse de ma silhouette, et j'ai mal à la gorge, à mes yeux aussi, mon ventre force encore en creux.
Ces jours là, sur ces places, au milieu de la foule, j'ai beau chercher sur la carte, je n'y suis pas.
c'qu'ils m'disent